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Situations particulières

Heures non payées : dans quels cas les règles changent-elles ?

Par David Marienval, Fondateur de Mon Temps Mon Argent. Publié le 29 septembre 2026. Règles vérifiées le 1 octobre 2026 sur les textes officiels (comment nous vérifions).

6 min de lecture

L'essentiel sur le sujet

  • La règle générale fixe la durée légale à 35 heures par semaine, au-delà desquelles les heures sont supplémentaires.
  • À temps partiel, les heures au-delà du contrat s'appellent des heures complémentaires, avec leurs propres règles.
  • Au forfait jours ou comme cadre dirigeant, la règle des 35 heures ne s'applique pas, sauf si le régime n'est pas valable.
  • Des heures volontairement omises du bulletin de paie peuvent relever du travail dissimulé.
  • Ce qui compte, c'est la situation réelle, pas seulement ce qui est écrit dans le contrat.

La plupart des guides sur les heures supplémentaires partent d'un salarié à temps plein, payé sur la base de 35 heures. Beaucoup de salariés relèvent pourtant d'un régime différent : temps partiel, forfait jours, statut de cadre dirigeant ou aménagement du temps de travail. Ce guide présente ces situations, ce qu'elles changent, et renvoie vers un guide détaillé pour chacune.

Quelle est la règle générale, avant les cas particuliers ?

35 heures par semaine ; au-delà, chaque heure est une heure supplémentaire majorée. À défaut d'accord collectif, les 8 premières heures supplémentaires sont majorées de 25 %, les suivantes de 50 %. Le décompte se fait en principe semaine par semaine.

Autrement dit, un salarié à temps plein qui travaille 40 heures une semaine accomplit 5 heures supplémentaires, payées au moins 25 % de plus que son taux horaire habituel. Le détail du calcul figure dans le guide sur le calcul des heures supplémentaires.

Texte de référence : l'article L3121-27 du Code du travail fixe la durée légale à 35 heures par semaine. Les cas particuliers ci-dessous modifient ce point de départ ou la façon de compter.

Quelles situations changent les règles ?

Six situations reviennent souvent. Chacune modifie soit le seuil à partir duquel les heures sont majorées, soit la période de décompte, soit le régime lui-même.

SituationCe qui change en principeÀ retenir
Temps partielLes heures au-delà du contrat sont des heures complémentaires, majorées de 10 % puis 25 %Elles ne peuvent pas porter la durée à 35 heures
Forfait joursPas de décompte en heures, un nombre de jours par an (218 au plus)Un forfait non valable ouvre en principe droit aux heures supplémentaires
Cadre dirigeantPas de règles sur la durée du travailLe statut dépend des fonctions réelles, pas de l'intitulé du poste
Travail dissimuléHeures volontairement omises du bulletinIndemnité de 6 mois de salaire en cas de rupture
Aménagement sur plusieurs semainesDécompte sur une période plus longue, jusqu'à un an en principeSuppose un accord collectif
AstreinteLe temps d'intervention est du travail effectifLe reste de l'astreinte n'en est pas, mais donne lieu à une contrepartie

Temps partiel, forfait jours, cadre dirigeant : que faut-il vérifier ?

Que le régime écrit correspond à la réalité. Ces trois régimes supposent des conditions précises. Lorsqu'elles ne sont pas réunies, le salarié peut en principe revenir aux règles générales et réclamer des heures supplémentaires.

  • Temps partiel : les heures complémentaires sont limitées, en principe, au dixième de la durée prévue au contrat. Elles ne peuvent pas porter la durée du travail au niveau de 35 heures. Voir le guide sur les heures complémentaires à temps partiel.
  • Forfait jours : il suppose un accord collectif, une convention individuelle écrite et un suivi réel de la charge de travail. Voir le guide sur le forfait jours.
  • Cadre dirigeant : il suppose trois conditions cumulées, dont une rémunération parmi les plus élevées de l'entreprise. Voir le guide sur le cadre dirigeant.

Exemple : situation fictive. Julie est « cadre » selon son contrat, payée 3 200 euros brut pour 35 heures, sans forfait jours. Elle travaille en moyenne 45 heures par semaine. Le statut de cadre, à lui seul, ne supprime pas ses heures supplémentaires : ses 10 heures hebdomadaires au-delà de 35 heures relèvent en principe des règles générales.

Attention : l'intitulé « cadre » sur un bulletin de paie ne dit rien, à lui seul, du régime de durée du travail. Ce qui compte, c'est l'existence d'un forfait valable ou la réalité des fonctions de direction, pas le mot inscrit sur le papier.

Quand parle-t-on de travail dissimulé ?

Lorsque l'employeur mentionne intentionnellement sur le bulletin moins d'heures que celles réellement travaillées. Le travail dissimulé couvre aussi l'absence de déclaration d'embauche ou de bulletin de paie. Pour les heures supplémentaires, c'est la mention volontairement inexacte du nombre d'heures qui est en cause.

Autrement dit, des heures non payées ne suffisent pas, à elles seules, à caractériser le travail dissimulé : il faut une intention de l'employeur, appréciée par le juge. Le guide sur le travail dissimulé détaille ce mécanisme et l'indemnité prévue en cas de rupture.

Texte de référence : l'article L8221-5 du Code du travail définit la dissimulation d'emploi salarié, notamment le fait de mentionner sur le bulletin de paie un nombre d'heures inférieur à celui réellement accompli.

Et l'annualisation ou les astreintes ?

Elles changent la façon de compter, pas le droit au paiement. Un accord collectif peut prévoir un aménagement du temps de travail sur une période plus longue que la semaine : jusqu'à un an, ou trois ans si un accord de branche l'autorise. Les heures supplémentaires se calculent alors à la fin de la période, au-delà de la durée moyenne prévue par l'accord.

Autrement dit, avec une annualisation, une semaine de 42 heures compensée par une semaine de 28 heures ne crée pas, en principe, d'heures supplémentaires. Sans accord valable, le décompte reste en principe hebdomadaire.

Texte de référence : l'article L3121-44 permet à un accord collectif d'aménager le temps de travail sur une période supérieure à la semaine. L'article L3121-9 prévoit que la durée d'intervention pendant une astreinte est du temps de travail effectif.

Liste de contrôle :

  • Relire le contrat de travail et ses avenants : durée, temps partiel, forfait.
  • Repérer sur le bulletin de paie la durée mentionnée et la convention collective.
  • Vérifier l'existence d'un accord collectif sur le forfait ou l'annualisation.
  • Comparer les heures écrites sur les bulletins avec les heures réellement effectuées.
  • Noter les astreintes et la durée des interventions.
  • Conserver les éléments datés : plannings, e-mails, relevés de connexion.

Le diagnostic gratuit de ce site demande le type de contrat : temps plein, temps partiel ou forfait jours. L'estimation reste indicative et ne constitue pas un conseil individualisé.

Conclusion

La règle des 35 heures est le point de départ, mais plusieurs régimes la modifient : temps partiel, forfait jours, cadre dirigeant, aménagement sur plusieurs semaines. Chacun suppose des conditions précises, et leur absence ramène en principe aux règles générales. Des heures volontairement omises des bulletins peuvent en outre relever du travail dissimulé. Ce qui compte, dans tous les cas, c'est la situation réelle.

Quel accompagnement pour identifier son régime ?

Le régime applicable dépend du contrat, de la convention collective et des accords d'entreprise, qui varient d'un employeur à l'autre. Un diagnostic gratuit permet d'abord d'estimer les heures en jeu selon les règles générales. Un avocat partenaire pourra ensuite vérifier quel régime s'applique réellement à votre situation.

Questions fréquentes

Un salarié à temps partiel peut-il faire des heures supplémentaires ?
Non, au sens strict. Les heures qu'il accomplit au-delà de son contrat s'appellent des heures complémentaires. Elles sont majorées et encadrées par des limites propres au temps partiel.
Un cadre peut-il réclamer des heures supplémentaires ?
Oui, en principe, sauf s'il est au forfait jours ou s'il est réellement cadre dirigeant. Le statut de cadre, à lui seul, ne supprime pas le droit aux heures supplémentaires.
Le forfait jours empêche-t-il toute réclamation d'heures ?
Pas toujours. Si la convention de forfait n'est pas valable ou n'a pas été appliquée correctement, le salarié peut en principe réclamer des heures supplémentaires sur la base de 35 heures.
Des heures non déclarées sont-elles du travail dissimulé ?
Pas automatiquement. Le travail dissimulé suppose que l'employeur ait intentionnellement mentionné moins d'heures que celles réellement travaillées. Le caractère intentionnel est apprécié par le juge.
Qu'est-ce que l'annualisation du temps de travail ?
C'est un aménagement, prévu par accord collectif, qui décompte les heures sur une période plus longue que la semaine, en principe jusqu'à un an. Les heures supplémentaires se calculent alors en fin de période, et non chaque semaine.
Comment savoir quel régime s'applique ?
Le contrat de travail, ses avenants et le bulletin de paie l'indiquent en principe : durée du travail, mention d'un forfait, convention collective. Il convient ensuite de vérifier que ce qui est écrit correspond à la réalité.

Votre situation peut-elle être analysée ?

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Sources

Informations fondées sur le Code du travail : méthodologie et sources officielles.

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